Ah, l'Oeil Noir ! Ce fut mon tout premier jeu de rôle

Je venais à peine d'emménager à Nantes, en juin ou juillet, et j'avais sympathisé avec le fils d'une voisine qui m'avait proposé de faire une partie de l'Oeil Noir. Ce nom me disait quelque chose vu que j'avais déjà vu les bouquins ayant le même aspect que les LDVLH. Comme j'avais un peu saisi le concept du jdr, j'ai dit "D'accord !"
J'y incarnais un Elfe des Bois (son nom était Galanviel si je me souviens bien), accompagné d'un Guerrier (une vraie brute !

). Premier scénario : l'Auberge du Sanglier Noir. Le MJ nous lit la scène d'introduction, un poil soporifique, j'ai pratiquement rien écouté, et tout à coup un seigneur se pointe ; selon l'usage, il faut le saluer comme il se doit... Moi, je lui dit "Salutations Monseigneur !" (ou une connerie du même genre), le Guerrier : "Hein !", et voila qu'en deux temps trois mouvements on se retrouve entouré de gardes, emprisonné et jeté comme une merde dans une sorte de donjon : ben oui fallait saluer le seigneur selon une formule bien particulière, détaillée dans l'intro et nous comme des manches, on a rien capté.
Moralité : faut écouter le Meujeuh quand il parle !
Ensuite, progression dans le donjon et tout ce qui s'ensuit, on s'en sort plus ou moins victorieux et on récolte des XP du fric et du matos (pourri le matos, vu qu'on était niveau 1). On a rempilé pour l'aventure suivante
Bref, à partir de ce moment là j'ai été contaminé par le virus du jdr. Oh, vous me direz je l'étais déjà à moitié vu qu'avant j'étais accro aux LDVLH.
Tous ces souvenirs sont précieux et magiques : frisson d'excitation et de peur quand on doit se défendre face à un monstre qui veut vous ajouter à son menu, moment d'extase quand on trouve un bon objet magique, sentiment de plénitude quand on change de niveau, et ainsi de suite.
Je me souviens que j'avais réussi à tuer un Basilic (la créature la plus mortelle et la plus balèze du jeu) : pluie d'XP assurée
Commencer le jdr par des P/M/T n'est pas forcément une mauvaise chose car ils initient en douceur le débutant sans qu'il se complique la vie avec le "roleplay" ; c'est bien après qu'il découvrira les joies d'interpréter son personnage autrement qu'en pillant des donjons mal famés.