
Les livres dont VOUS êtes le héros Venez parler de votre passion des jeux de roles, gamebooks et vos autres passions favorites |
| | | Chroniques du Kalkhabad [SPOILER] | |
| | Auteur | Message |
|---|
tholdur Margrave


 Nombre de messages: 1705 Localisation: Forteresse de Neubourg Date d'inscription: 22/03/2008
 | Sujet: Chroniques du Kalkhabad [SPOILER] Lun 20 Oct 2008 - 20:16 | |
| Comme promis, voici une histoire telle qu'aurait pu la consigner "de l'intérieur" le héros de la série Sorcellerie! de Steve Jackson. Pour le choix des chemins j'ai joué aux dés (1,2,3 > premier choix; 4,5,6 > deuxième choix). J'éditerai ce post régulièrement toute la semaine. Par la suite il faudra attendre... J'espère vraiment que ce récit fera des émules et donnera envie au plus grand nombre de se lancer également dans la rédaction d'une chronique, afin qu'on puisse avoir la "vision" d'autres personnages et d'autres parcours... (J'ai rendu le texte plus lisible (et digeste^^) en séparant mieux les paragraphes) ---------- Veille du départ| Spoiler: | | | J’ai décidé de tenir un journal. Sans doute est-ce là une tentative dérisoire pour me décharger de l’angoisse qui m’étreint lorsque je pense à l’importance de la tache qui m’a été confiée. Surtout quand je sais ne devoir compter sur personne d’autre que moi-même ! Pourtant, nombre de mes confrères sorciers doivent envier ma situation, et certains nourrissent très certainement à mon égard une rancœur tenace : en effet, comment accepter l’idée que le roi et ses plus proches conseillers aient pu me désigner comme la personne la plus apte parmi autant de mages illustres ? C’est admettre implicitement que les autres sont d’une valeur moindre…
Mais ce soir je ne ressens aucun sentiment de fierté, je serai même presque tenté de céder ma place à ceux qui la réclameraient. On ressent les choses différemment ici dans l’Avant-Poste, à quelques encablures à peine du territoire sauvages des collines de Shamutanti, que si l’on se trouve dans les somptueux décors du palais royal !
Je me demande encore quelles raisons ont fait porter le choix sur ma personne. Certes, mes connaissances des arcanes magiques sont pratiquement sans équivalent dans tout Analand, mais j’estime que quelques-uns de mes confrères sont au moins aussi doués que moi. Sans compter la poignée de Sorciers Impériaux, mais il est vrai que le roi ne voudrait jamais se séparer de ceux-ci. De plus, il est avéré que je suis un bien piètre bretteur, même au sein de la confrérie des sorciers! Et ma constitution n’a rien de particulièrement remarquable.
Il faut croire alors que c’est uniquement ma bonne fortune qui a fait pencher la balance, car il est vrai que jusqu’à présent la chance m’a toujours souri d’une manière insolente. Pourtant est-ce réellement être béni des Dieux que d’avoir été choisi pour cette mission ? Certes rien n’est plus noble que de vouloir sauver son pays, mais les risques encourus sont immenses…
Parler des Dieux me laisse soudain entrevoir ce qui est très certainement la vérité. C’est ma foi inébranlable envers Libra qui a été la cause de cette décision. Comment la Déesse de la Justice pourrait-elle se fourvoyer ? Oui, tout me semble très clair à présent. J’appréhende déjà moins le périple vers l’inconnu qui m’attend demain. Je sens que mes liens avec la divinité vont se renforcer au cours de ce long voyage. Comment ai-je pu écrire plus haut que je ne devais compter que sur moi-même ? La crainte et la fatigue sans doute. D’ailleurs il se fait tard, et je dois songer à prendre du repos tant que cela est possible. La hutte qui m’a été attribuée dans l’Avant-Poste me semble terriblement vétuste en comparaison de la demeure cossue que j’occupe dans la capitale, mais qui sait dans quelles conditions je me trouverai demain soir pour reprendre ce récit ?
|
Premier jour
| Spoiler: | | | La clarté de la lune est suffisante pour me permettre d’écrire. Je pourrai utiliser une de mes formules pour faire une petite flambée, mais j’ai peur d’attirer l’attention de créatures sauvages qui ne craindraient nullement la vue du feu.
Après une longue journée de marche, je griffonne ces quelques lignes avant d’accorder à mon corps (et mes pieds) fourbu le repos qu’il mérite. Mais vais-je parvenir à trouver facilement le sommeil dans ce campement de fortune ? Jamais je n’ai dormi à la belle étoile auparavant, et encore moins isolé dans des terres aussi hostiles que les collines de Shamutanti. Mais reprenons le fil de la journée.
J’ai quitté l’Avant-Poste de bonne heure, dans un relatif anonymat, par la porte de Cantopani. Un départ discret était nécessaire, tant pour me permettre de me concentrer sur ma mission que pour éviter que trop d’oreilles indélicates ne soient mises au courant. J’ai ensuite atteint assez rapidement le village miteux de Cantopani. On m’avait conseillé de me méfier si je voulais faire commerce avec les locaux, mais je désirai trouver au plus vite quelques objets nécessaires pour la réalisation de formules magiques. Je me suis donc retrouvé dans un bric-à-brac, où j’ai pu dénicher parmi bibelots et breloques une perle rare : une mystérieuse hache couverte de runes, qui appartiendrait à un certain Glandragor. Une aura magique émane de cette arme, mais malgré tout mon savoir je suis incapable d’en déterminer la nature et l’origine. Je serai très curieux de connaître ce fameux Glandragor. Qui est-il ? Est-ce un Mage ou un Guerrier ? En tout cas une chose est sûre, je vais conserver précieusement cette hache. Après avoir fait quelques autres menus achats, j’ai finalement laissé au marchand la moitié du contenu ma bourse. Heureusement que j’ai réussi à obtenir de très bons prix, sinon j’aurai pu dilapider mon pécule dès le premier jour de voyage !
A la sortie du village, deux bandits ont tenté de m’arraisonner. J’ai presque ri de leur stupidité, mais comment pouvaient-ils savoir qu’ils avaient affaire à un redoutable sorcier ? Heureusement pour eux, j’étais d’humeur plutôt badine : j’ai sorti la flûte que je venais tout juste d’acquérir et leur ai joué un air de ma composition qui a du les surprendre à plus d’un titre !
Par la suite, j’ai fait la rencontre cocasse d’un vieillard perché dans un arbre. Lorsque j’ai aidé le pauvre homme à en descendre, il était si éperdu de reconnaissance qu’il m’a laissé une curieuse page de grimoire que j’ai décidé de conserver à tout hasard. Je n’arrive pas à déchiffrer la formule qui est inscrite dessus, et je crois bien qu’en réalité elle est incomplète. L’homme m’a indiqué être la victime d’une farce des Elvins. Même si ces créatures n’ont pas l’air très redoutables, il faudra peut-être que je m’en méfie si je viens à les rencontrer.
Derrière l’arbre se trouvait une ruche, et j’ai pu subtiliser miel et cire aux abeilles sans qu’elles s’en offusquent. Encore une preuve de ma bonne fortune ! Pourtant, en plein après-midi, alors que j’avais décidé de m’accorder une halte afin de me restaurer et de profiter de la vue magnifique qui s’offrait à moi, j’ai laissé mon sac à dos sans surveillance. Mal m’en a pris, car une créature en a profité pour se glisser à l’intérieur et dévorer toutes mes victuailles ! Je serai plus prudent à l’avenir afin de ne pas revivre pareille mésaventure. Et dès demain, il faudra que je me mette à la recherche de nourriture. En attendant, j’espère que je vais pouvoir dormir sans être dérangé.
|
Deuxième jour
| Spoiler: | | | Je suis à présent en sécurité dans l’auberge de Kristatanti. Pour la première fois de la journée, je me sens complètement détendu. Peu importe si la nourriture est quelconque et les draps malpropres, du moment qu’elle est copieuse et qu’ils soient confortables!
A peine avais-je repris ma route après une nuit de sommeil plutôt agitée qu’une vision de cauchemar s’offrait à moi. Au sommet d’une colline se trouvait une clairière remplie de têtes empalées sur des piquets. Je ne pus réprimer un frisson d’horreur en considérant ces terribles vestiges de vies humaines et gobelines, dont je ne donnerai la description pour rien au monde. Après la clairière, le sentier se divisait en deux, et je me doutais que l’un deux devait conduire au cœur du territoire de ceux qui avaient laissé cet atroce avertissement. Choisissant celui qui semblait descendre au cœur d’une vallée, je progressais prudemment, l’œil scrutant la végétation alentours et les oreilles attentives au moindre bruit. Mais je ne fis pas attention où je marchais, et brusquement le sol se déroba sous mes pieds, me laissant choir dans une fosse. Le choc avec le fond dut être rude car je perdis connaissance…
Lorsque je retrouvais mes esprits, je me rendis compte que j’étais solidement attaché et incapable de faire le moindre mouvement. De petits hommes s’agitaient en piaillant autour de moi et d’une immense marmite posée sur un feu. Je compris soudain que j’étais le captif d’une tribu de cannibales, et manquais de défaillir à l’idée que ses sauvages allaient bientôt se repaître de mon corps. Par bonheur je me ressaisis rapidement et songeait au moyen de me sortir de cette fâcheuse situation. Mais sans équipement et avec les mains liées, impossible de recourir à la magie ! J’ai donc usé de la seule opportunité qui me restait : invoquer Libra afin qu’elle me vienne en aide. J’ai psalmodié mes prières sans relâche, et ma déesse favorite m’a entendu. Une tempête s’est soudain déchaînée sur le campement des hommes primitifs, et a noyé les flammes qui menaçaient ma vie. Terrorisés, les cannibales se sont tous enfuis, et je me suis éclipsé en récupérant mes affaires avant qu’ils ne se soient remis de leurs frayeurs. Cette matinée éprouvante fut vraiment la pire de toute mon existence, et il me fallu de longs moments avant de retrouver un semblant de calme et de sérénité.
Plusieurs heures après, je suis arrivé en vue d’une mine gobeline. Espérant pouvoir chaparder de la nourriture, je me suis glissé furtivement à l’intérieur. Arrivé devant une porte fermée à clef, j’ai utilisé un sort de déverrouillage. Mais à l’intérieur, au lieu des vivres escomptées je tombais face à un ogre gigantesque que j’avais dérangé dans sa besogne ! Ne pouvant espérer triompher à la régulière d’un tel adversaire, je lui jetais aussitôt un sort de confusion mentale, et il ne me fut alors pas trop difficile d’en venir à bout. Mais j’avais tout de même encaissé plusieurs blessures, et le recours à la magie avait entamé mes réserves. Je décidais donc de quitter la mine avant de faire d’autres mauvaises rencontres, récupérant au passage deux magnifiques pierres précieuses. Elles me seront certainement utiles si je viens à manquer d’or.
En fin de journée, je commençais à être véritablement affamé, et la vue des premières masures d’un village me transporta de joie. C’était Kristatanti. Bien que les habitants soient loqueteux au possible et affublés d’un chignon aussi ridicule qu’incongru, je décidais de me rendre dans la taverne locale, chose qui ne me serait jamais venue à l’esprit à Analand. Je regrettais presque aussitôt ma décision en entrant. Quel bouge infâme, un véritable ramassis de pauvres hères croulants ! Payant une choppe de bière pour donner le change, je trempais à peine mes lèvres dans le breuvage et décidais d’engager la conversation avec le premier venu. Plus vite je serai sorti de là et mieux je me porterai. L’homme avec qui je me suis attablé s’est révélé être l’idiot du village, enfin je suppose que c’est lui, car la moitié de ses paroles consistaient en un borborygme incompréhensible. Je voulu rapidement prendre congé, mais voilà que l’individu s’était entiché de ma présence et me retenais avec force par la manche dès que je faisais mine de me lever ! Ne voulant surtout pas créer le moindre scandale, j’ai du endurer son insupportable babillage pendant près d’une heure avant qu’il ne s’écroule ivre mort sur la table. « Il faudra longtemps avant que je remette les pieds dans un endroit pareil ! » me disais-je alors que je quittais enfin l’établissement pour me diriger vers l’auberge, mais à présent je suis d’un avis plus nuancé. Après tout ces paysans n’ont rien en commun avec les sauvages dont j’ai réchappé de justesse ce matin, et subir quelques avanies d’ivrognes n’est rien en comparaison du sort qui m’était réservé.
Le repas de ce soir m’a redonné quelques forces, et après une bonne nuit de sommeil je pense que je pourrai repartir d’un bon pied demain et oublier cette journée qui fut pénible à bien des égards.
|
Pour ceux qui veulent lire la suite, il faut aller voir plus bas...
Dernière édition par tholdur le Jeu 23 Oct 2008 - 20:22, édité 8 fois |
|  | | oriounga Maître d'armes


 Nombre de messages: 759 Localisation: Akad et Sumer Date d'inscription: 20/04/2007
 | Sujet: Re: Chroniques du Kalkhabad [SPOILER] Lun 20 Oct 2008 - 22:40 | |
| Bravo Tholdur. On sent bien l'angoisse qui l'étreint avant le départ. Ses motivations et ses doutes sont palpables. J'aime bien la façon dont il essaie de se persuader, au cours de son monologue intérieur, qu'il sera à la hauteur de la tâche qui l'attend. Continue comme ça. omae wa mou shindeiru |
|  | | Orion Mentor


  Nombre de messages: 457 Age: 39 Localisation: Pessac Date d'inscription: 25/10/2004
 | Sujet: Re: Chroniques du Kalkhabad [SPOILER] Mar 21 Oct 2008 - 15:53 | |
| Ton idée est excellente Tholdur, continue comme ça. On a vraiment l'impression de lire un journal de bord. Je pense que ça ferait un trés bon roman.  |
|  | | Marmouscule Divinité


  Nombre de messages: 1032 Age: 32 Localisation: Tour de l'Archimage Date d'inscription: 15/01/2005
 | Sujet: Re: Chroniques du Kalkhabad [SPOILER] Mar 21 Oct 2008 - 19:36 | |
| Excellente idée en effet car, avec le récit fictif à la première personne, on redécouvre la saga vue de l'intérieur! Je n'ose imaginer les pensées de l'Homme d'Analand quand je viendrai l'enquiquiner puis le réconforter.... Marmouscule  _________________ Nous venons de votre futur!
Dernière édition par Marmouscule le Mar 21 Oct 2008 - 20:09, édité 1 fois |
|  | | tholdur Margrave


 Nombre de messages: 1705 Localisation: Forteresse de Neubourg Date d'inscription: 22/03/2008
 | Sujet: Re: Chroniques du Kalkhabad [SPOILER] Mar 21 Oct 2008 - 20:01 | |
| Pas assez de place dans le premier post, je continue donc ici... Troisième jour| Spoiler: | | | De bon matin, à peine sorti de Kristatanti, je trouvais assis au bord de la route un mendiant terriblement décharné. Dans le même temps, un paysan dans une carriole venait de me dépasser et me proposait de faire un bout de route (et de causette je suppose). Je déclinais poliment son offre, n’ayant aucune envie de supporter une quelconque conversation depuis l’incident de la veille à la taverne. Je n’avais pas non plus spécialement envie de m’asseoir. J’ai désormais adopté un rythme de marche qui ne me fatigue par outre mesure, et puis je craignais que les cahots de la route ne rendent le trajet inconfortable.
Je me tournais donc vers l’homme assis par terre. Il ne me restait que peu d’or, mais ce mendiant en guenilles, aveugle de surcroit, avait ému mon cœur pourtant peu enclin à la pitié. C’est donc de bonne grâce que je jetais dans sa sébile une de mes dernières pièces. Il me remercia, et lorsqu’il s’aperçu qu’elle était en or - je me demanderai toujours comment les aveugles parviennent à réaliser ce genre de prouesses – il insista pour me donner une clef qu’il avait sur lui. Je protestais, mais quand il affirma qu’il n’en avait nul besoin puisqu’elle servait à ouvrir les cellules les prisons de Kharé, mon attitude fut tout autre. Selon toute vraisemblance, je serais parvenu dans cette cité dans quelques jours. C’est une étape nécessaire du long trajet qui doit me conduire dans un lieu que je n’ose encore évoquer. Je laissais alors le pauvre homme me raconter sa triste histoire. Il était geôlier dans cette ville portuaire, et un jour de terribles créatures, les Yeux-Rouges, l’ont rendu aveugle en lui brulant la rétine. Cette rencontre improbable a été fructueuse au delà de toute espérance. Désormais j’ai un moyen d’évasion garanti si j’ai le malheur de me faire arrêter dans Kharé (je glisserai cette clef dans mes bottes lorsque j’attendrais la ville) et je sais que je dois à tout prix éviter de croiser la route de ces effrayants Yeux-Rouges. J’espère que l’homme pourra connaître quelque amélioration dans sa triste condition grâce à mon modeste geste.
Bien plus tard dans la journée, le chemin se fit de plus en plus escarpé, avant d’aboutir devant une porte immense. Je sentis un frisson me parcourir l’échine. J’avais tant entendu de récits terrifiants à propos des Géants des collines. Il était impossible de trouver une autre voie le long des rochers, et je ne voulais pas perdre de temps à faire demi-tour. Je m’aventurais donc à passer la porte, découvrant deux immenses grottes, et au-delà un chemin qui redescendait très certainement vers des endroits plus sûrs. Mais poussé par la faim qui me tenaillait toujours, je décidais de tenter ma chance comme la veille dans la mine gobeline. Qui sait, cette fois j’aurai peut-être la main plus heureuse ? Je pénétrais donc prudemment dans la première grotte, qui s’avéra être vide, puis décidais d’explorer la seconde, d’où s’échappait un sorte de sifflement. Dans l’obscurité, je chutais sur quelque chose qui se révéla être le pied d’un géant qui ronflait ! Le combat étant inévitable, je trouvais là l’occasion de tester sur moi-même un sort que je n’avais encore jamais utilisé auparavant, et qui me transforma aussitôt en géant. La sensation de puissance que j’éprouvais alors était sans équivalent ! L’affrontement fut titanesque, et j’en sortis vainqueur, mais épuisé et meurtri. Reprenant alors ma forme initiale, je récupérai quelques pièces d’or que conservait le géant, et surtout je pris une de ses dents. Grâce à une formule de mon cru, je serai désormais capable d’invoquer à mes côtés un géant entièrement soumis à ma volonté. Voilà de quoi retrouver le sourire et oublier en partie les blessures, d’autant plus que je dénichais enfin de quoi manger !
La journée touchant à sa fin, je fus heureux de voir que j’avais atteint un nouveau village, Dhumpus, et que j’allais comme hier pouvoir me reposer et me restaurer dans de bonnes conditions. Je filais donc à l’auberge où je réglais pour un repas (excellent) et une chambre. Je vais désormais ranger mon carnet, éteindre la chandelle, prier Libra comme chaque soir, et me glisser dans les draps. Puisse demain être une journée aussi favorable…
|
Quatrième jour
| Spoiler: | | | Après avoir quitté Dhumpus, j’ai cheminé le long d’un sentier très escarpé qui m’a finalement conduit à un autre village, mais plus misérable qu’aucun de ceux que j’ai déjà traversé depuis mon départ de l’Avant-Poste. Les masures étaient de véritables taudis, et la plupart des habitants avaient un aspect souffreteux qui aurait du me mettre la puce à l’oreille. Ces pauvres créatures se hâtaient de fuir devant moi, mais j’ai mis ce comportement sur le compte de l’isolement de leur village, qui devait en faire des êtres farouches, craintifs vis-à-vis de la moindre présence étrangère. Désirant leur montrer que je n’avais aucune intention hostile, je m’approchais d’eux calmement mais résolument, les mains tendues en signe de paix. L’un des villageois, plus hardi que les autres, vint alors saisir ma main dans les siennes, avant de me demander d’une voix tremblante si j’étais un guérisseur venu le soigner lui, sa famille et d’autres personnes du fléau de la peste qui ravageait si durement la population.
Je dois avouer que je ne suis pas fier de mon comportement d’alors. Saisi de panique, je me suis mis à courir pour fuir cet endroit, incapable de penser à autre chose qu’au fait que j’avais attrapé la peste, car j’en étais certain ! Désormais je repense à ce pauvre homme et ne peux m’empêcher de réfléchir à ce qu’il a éprouvé face à ma réaction. Son espoir déçu, certes, mais aussi ce terrible sentiment d’être traité en paria. J’ai honte de ma peur à présent, j’aurai préféré pouvoir garder mon sang-froid afin qu’il ne se sente pas traité comme un intouchable. Mais sur le coup j’étais trop horrifié pour moi-même pour penser à lui et aux autres.
J’ai passé le reste de la journée à me morfondre et à m’apitoyer sur mon sort, guettant les symptômes de l’apparition du mal, qui seraient alors les signes incontestables que j’avais bien été contaminé et que j’étais condamné à la déchéance. Comble de l’infortune, alors que le jour déclinait et que j’arrivais en vue d’une imposante bourgade - que je confondis avec Kharé dans un premier temps – un Marmouscule vint à croiser ma route. Ces créatures volantes minuscules sont honnies par tous les jeteurs de sors, car bien qu’inoffensives et de joyeuse humeur, elles possèdent une aura de protection qui empêche les sortilèges de fonctionner. Pour couronner le tout, elles ont une prédilection à rechercher la compagnie des sorciers, et rien que l’on puisse dire ou faire ne peut les convaincre qu’elles nous portent préjudice. Il est donc pratiquement impossible de s’en débarrasser ! A l’heure où j’écris, Jann (puisque tel est son nom) semble déjà dormir profondément, mais je sais qu’il n’en est rien et que si je fais le moindre mouvement en direction de la porte pour faire mine de m’éclipser, il sera sur pied en un clin d’œil en train de voleter autour de moi.
Toutefois la chance ne devait pas complètement m’abandonner aujourd’hui. En entrant dans Birritanti, je remarquais presque aussitôt un panneau indiquant Taverne de Glandragor. Se pourrait-il que le tenancier soit le propriétaire de la fameuse hache que j’avais acquis à Cantopani lors du premier jour de mon périple ? Après être entré dans l’établissement, je demandais au patron s’il n’aurait pas éventuellement perdu une hache couverte de runes. Comme il répondait par l’affirmative et était subitement très intéressé par mes paroles, je lui demandais de me la décrire, ce qu’il fit bien volontiers, me prouvant que la hache était bel et bien la sienne. Il serait trop long de rapporter la conversion qui s’engagea alors que je lui tendais l’objet, avec les nombreuses questions que nous nous posions mutuellement. Toujours est-il que je possède grâce à lui de nombreuses informations qui me seront certainement très utiles pour les jours à venir. Sur son conseil, je suis allé me baigner aux Chutes de Cristal. Les eaux aux vertus bienfaisantes m’ont lavé, redonné une énergie nouvelle, et certainement guéri de la peste à ce stade peu avancé de la maladie (si tant est que je l’ai bien attrapée).
Les prix à l’auberge sont élevés, certainement parce que Birritanti est un village réputé et très fréquenté, aussi j’ai préféré négocier mon repas et ma chambre contre une de mes deux pierres précieuses. Heureusement pour ma bourse, Jann n’est pas considéré comme un client à part entière ! Malgré ce que j’ai écris plus haut, j’espère bien parvenir à trouver au plus vite un moyen de fausser compagnie au Marmouscule, car j’ai besoin de toute ma magie pour remplir la mission que l’on m’a confiée. Et cela demeure impossible tant que Jann demeure auprès de moi. J’espère ne pas avoir à employer de moyens radicaux, car cette idée me répugne, mais je ne peux me permettre de compromettre mes chances d’éradiquer la menace que constituerait un Kalkhabad uni. Analand et les autres pays de l’Alliance de Femphry n’y survivraient pas…
|
Cinquième jour
| Spoiler: | | | Quittant les rues bondées de Birritanti, je cheminais toute la matinée sans rencontrer âme qui vive. Mais le jacassement incessant de Jann était largement suffisant pour me tenir compagnie ! En milieu d’après-midi, je tombais soudain dans une embuscade tendue par un détrousseur. Dans l’incapacité de me défendre par la magie, je dus me résoudre à croiser le fer. Fort heureusement, j’avais acheté à Cantopani une arme très bien équilibrée qui compensa en partie mon handicap au combat singulier. Mon agresseur, qui m’avait certainement estimé comme un adversaire peu redoutable avant de décider de fondre sur moi, a dû être surpris de rencontrer autant de résistance. Et sur un coup heureux de ma part qui lui infligea une blessure assez sérieuse, il décida de rompre son assaut en implorant ma clémence. Peu désireux de poursuivre ce combat, j’acceptais sa reddition. Il pensa alors ses plaies, et avant de disparaître dans la forêt m’affirma être à jamais son débiteur. Je ne sais pas si je peux lui faire confiance, vu que sa première intention avait été de me tuer, mais si jamais je croise à nouveau sa route je saurai lui rappeler sa promesse.
Je venais à peine de repartir qu’une vieille femme m’interpellait devant sa cabane. Elle m’invita avec tant d’insistance à entrer chez elle que je me sentis obligé d’accepter. Pourtant, alors qu’elle m’offrait le thé, je restais sur mes gardes, et profitant d’un instant d’inattention de sa part je décidais d’inverser les tasses. Mais en réalité cette femme rusée avait anticipé ma réaction ! Je me trouvais bientôt incapable de bouger, et Jann voletait impuissant dans la pièce tandis que la propriétaire des lieux s’attachait à réaliser une fouille méthodique de mes affaires. Fort heureusement, elle tomba sur la page de grimoire que m’avait donné le vieil homme victime des Elvins, que ce dernier lui avait en fait dérobé. Ravie de retrouver son bien, elle me fit aussitôt ingurgiter un remède à ma paralysie, et me proposa de prononcer la formule désormais complète, formule qui permet d’éloigner les importuns - même lorsqu’ils sont pourvus d’une protection magique comme Jann. Quelle aubaine ! J’avais trouvé là le moyen de me défaire du Marmouscule en douceur, bien qu’il se convulsa autant qu’un chat qu’on aurait forcé au bain lorsqu’il fut contraint de disparaître.
C’est donc seul que j’arrivais en fin de journée à Torrepani, village occupé par des hommes-orques appelés Svinns. Une torpeur collective semblait s’être emparée des autochtones, mais je n’en fus pas surpris après ce que m’avais raconté Glandragor. La rumeur voulait en effet que la fille du chef, son unique héritière, ait été enlevée et offerte en pâture à une Manticore. Je me rendis donc directement à l’auberge, ou je devais régler 8 pièces d’or pour un repas et une chambre. Les tarifs locaux n’ont rien à envier à ceux de Birritanti ! Je décidais donc de me séparer de ma dernière pierre précieuse. Demain matin je serais à Kharé, et j’avoue que je redoute ce passage obligé car la ville possède une sinistre réputation qui a largement franchi les frontières du Kalkhabad. Avant de dormir, je vais prier Libra pour qu’elle me protège des pièges que recèle cette cité mal famée.
----
Je reprends mon récit alors que je suis le prisonnier des Svinns ! Ces perfides créatures ont en effet profité de mon sommeil pour me neutraliser et me jeter dans une sombre cabane qui laisse à peine filtrer quelques rayons de lune. Je n’ose penser à ce qu’ils attendent de moi, si encore une fois ce qu’a dis Glandragor est vrai. Je vais tout de même essayer de me rendormir…
|
Dernière édition par tholdur le Mar 28 Oct 2008 - 17:31, édité 1 fois |
|  | | tholdur Margrave


 Nombre de messages: 1705 Localisation: Forteresse de Neubourg Date d'inscription: 22/03/2008
 | Sujet: Re: Chroniques du Kalkhabad [SPOILER] Dim 26 Oct 2008 - 20:30 | |
| Sixième jour| Spoiler: | | | Peu après l’aube, le chef des Svinns vint me trouver, s’excusant pour la conduite des siens la veille, mais confirmant mes pires craintes. Il voulait que je parte à la recherche de sa fille pour la délivrer du « démon » dont elle était prisonnière. Connaissant la nature de ce démon, à savoir une Manticore, j’avais envie de tout sauf de me trouver en face d’une telle créature. Mais les Svinns se montrèrent très persuasifs : je savais que je n’avais d’autre choix que d’accepter si je ne voulais pas encourir leur colère. Et cette fois on ne se contenterai sûrement pas de m’enfermer dans une cabane…
Les Svinns m’escortèrent jusqu’à un trou dans le sol, où ils entreprirent de me faire descendre par l’intermédiaire d’un grand panier de cordes. C’est donc bien malgré moi que je me retrouvais en train d’explorer la tanière de la Manticore. Explorant les tunnels, je parvins devant une porte. Trouvant incongru sa présence dans un repaire de bête sauvage, je décidais d’en tourner la poignée et pénétrais dans une pièce aux murs lisses. Aussitôt un mécanisme se déclencha, libérant des trombes d’eau tandis qu’une paroi se dressait pour empêcher toute fuite. Pour éviter la noyade, je créais sans attendre un champ de force tout autour de moi, suffisant pour retenir l’eau et me permettre de respirer. Mais qu’allait-il se passer si l’eau ne partait pas ? Je ne pouvais maintenir indéfiniment mon aura protectrice. Fort heureusement, le niveau d’eau finit par baisser, avant que finalement tout le liquide ne soit évacué. La paroi s’abaissa à nouveau, et je m’empressais de quitter les lieux. Je me demande encore qui a bien pu installer un tel piège à cet endroit. Sans doute ne le saurai-je jamais…
Au détour d’un couloir, j’entendis une plainte sourde et distinguais une forme sombre contre le mur. M’approchant, je constatais qu’il s’agissait de la fillette Svinn que j’étais venu sauver. Je tentais de lui parler pour la réconforter, mais elle ne répondit rien. Toutefois, elle semblait bien me comprendre car elle s’accrocha désespérément à moi. Il ne restait plus qu’à rejoindre la sortie. Malheureusement, un grondement tonitruant retentit soudain et fit ébouler la paroi derrière nous. Nous étions contraints d’avancer. Et dans une immense caverne, nous trouvâmes la terrible Manticore. Jusqu’à la fin de mes jours je garderai en mémoire l’image de cette apparition fantastique. Comment oublier la vision de ce corps avec ces puissantes pattes de lion, cette redoutable queue de scorpion, ces deux ailes immenses, et surtout cette tête si terriblement humaine…
Jamais je n’ai eu à combattre un adversaire aussi redoutable, et j’espère bien ne plus avoir à livrer pareille bataille. Il faut croire que seul un sorcier d’Analand pouvait survivre à une telle rencontre. J’ai d’abord crée un champ de protection, car je savais que l’animal allait commencer par me projeter une salve de piquants. J’ai aussitôt riposté en créant et lançant une boule de feu dévastatrice. Elle aurait suffit à anéantir le plus robuste des géants, mais la Manticore paraissait à peine en avoir ressenti les effets ! Je décidais alors de changer de tactique, car ma panoplie de sorts offensifs semblait inefficace. Je créai un nouveau champ de force et emprisonnais la créature à l’intérieur, avant de fuir en compagnie de la fillette.
Lorsque nous parvînmes sains et saufs à la surface, elle me guida rapidement jusqu’au village où je fus accueillis en véritable héros. J’étais tellement épuisé après avoir autant recouru à la magie que je décidais de passer le reste de la journée choyé dans le village, afin de pouvoir récupérer. Le prêtre Svinn, qui fait aussi office de guérisseur, m’entoura alors de tant de soins que je me sentis complètement rétabli en très peu de temps. Il a véritablement réalisé une grande prouesse, et un tel talent méritait d’être souligné !
Je suis triste de devoir quitter tous mes nouveaux amis dès demain, mais la liesse dont je suis l’objet ne doit pas me détourner de mon objectif. Je vais profiter d’une bonne nuit de sommeil et, pour la première fois depuis mon départ d’Analand, sans craindre qu’un voleur ne vienne furtivement dérober mes affaires. Il sera temps de penser aux périls qui m’attendent dans Kharé au moment où j’en franchirai les portes…
|
C'est tout pour le moment!
Pour le deuxième volume (deux jours seulement!), j'ai décidé de ne pas faire de mon personnage un voleur. Quand aux choix de directions, je n'ai pas toujours joué aléatoirement aux dés afin d'être certain de trouver les 4 vers. |
|  | | Yavanna Princesse Puluche


  Nombre de messages: 2203 Age: 22 Localisation: Avalon, au chevet du roi Arthur Date d'inscription: 21/10/2005
 | Sujet: Re: Chroniques du Kalkhabad [SPOILER] Jeu 30 Oct 2008 - 2:05 | |
| C'est génial Tholdur !! Super idée, ça se lit comme un bon roman d'aventures (ça me rappelle le Monde Perdu ^^) _________________ Les barbus crient et les chauves sourient   Savez-vous vous tenir sur la tête ? |
|  | | | | Chroniques du Kalkhabad [SPOILER] | |
|
| Page 1 sur 1 |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |
|